Rahia et John, référents de parcours pour les enfants suivis par l'ASE

Rahia et John, référents de parcours pour les enfants suivis par l'ASE

"La diversité des regards enrichit les solutions proposées."

Rahia Saïdi et John Eboli sont référents de parcours pour les enfants suivis par l’aide sociale à l’enfance au SST 5 et SST 8. Leur mission : les accompagner dans toutes les dimensions de leur vie  - éducation, santé, soutien psychologique, placement - tout en travaillant étroitement avec les familles pour renforcer la parentalité. 

Pourquoi avez-vous choisi ce métier ? 

Rahia :

J’ai toujours voulu accompagner enfants et jeunes dans leur développement. Après quatorze ans auprès de personnes en situation de handicap, j’ai mis mon expérience du terrain au service de l’aide sociale à l’enfance. Rien n’est figé : il faut rester en veille, comprendre les évolutions de la société, se former. Le travail avec les familles et les partenaires est riche humainement.

John :

Dès le lycée, j’aimais aider les autres et j’étais souvent une personne ressource. J’ai voulu transformer cette disposition en métier. Les situations en protection de l’enfance sont complexes et demandent une forte dimension humaine, pour les enfants comme pour les parents.

Rencontrez-vous des difficultés liées au fait d’être femme ou homme dans votre métier ? 

Rahia :

La perception de l’autorité varie selon les interlocuteurs. Face à des attitudes machistes, je pose un cadre ferme et empathique. L’essentiel est d’expliquer, d’impliquer les familles et de s’adapter. Cela se travaille et nous sommes formés pour cela.

John :

Le métier étant majoritairement féminin, certaines personnes accompagnées s’attendent parfois à rencontrer une professionnelle plutôt qu’un professionnel, ce qui peut susciter un premier étonnement lié à mon genre ou à mon jeune âge. La relation de confiance s’installe toutefois rapidement. Dans mon accompagnement, je m’attache à m’adapter aux besoins et au ressenti de la personne. Sur certains sujets particulièrement intimes, notamment liés à la maternité ou aux violences faites aux femmes, si une préférence est exprimée, cela peut être réfléchi collectivement en équipe afin de garantir un accompagnement respectueux et adapté.

Qu’apporte la mixité dans une équipe ? 

John :

C’est un vrai atout. La diversité des regards enrichit les solutions proposées et met plus à l’aise les personnes accompagnées. Les hommes ont toute leur place dans les métiers du care. Il faut casser les stéréotypes pour encourager les jeunes à s’y projeter.

Rahia :

La mixité est une richesse : elle permet une complémentarité des approches et reflète la diversité de la société, avec des relationnels éducatifs différents mais toujours selon le même axe de travail. Selon les situations, notamment en cas de problématiques sexuelles, on privilégie une professionnelle femme ou un binôme. Les deux sont nécessaires.

Que faudrait-il améliorer pour renforcer l’égalité femme-homme ? 

Rahia :

Il faut sortir des stéréotypes pour recruter davantage d’hommes et valoriser chacun selon ses compétences. Témoigner sur nos métiers permet de montrer qu’ils ne sont pas fermés. Il faut aussi ouvrir davantage de postes à responsabilité aux femmes.

John :

Pour attirer plus de candidats, hommes et femmes, il vaut mieux valoriser le métier. Il mobilise des compétences humaines, mais aussi juridiques et analytiques, qui méritent reconnaissance, qualification et rémunération adaptées.