Sandra Carriço et Fabien Ballié sont gestionnaires du patrimoine arboré des routes départementales. Leur mission principale consiste à veiller au suivi, à l’entretien et à la sécurité du patrimoine arboré dans l’espace public. Regards croisés sur la manière dont ils vivent leur métier.
Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?
Sandra :
J’ai commencé ma carrière comme jardinier au contact direct du terrain, puis c’est à Courbevoie que j’ai découvert le métier de gestionnaire de patrimoine arboré. Très vite, j’ai découvert une vraie passion pour la gestion des arbres en milieu urbain. Dans un contexte de changement climatique, préserver ce patrimoine vivant me semble essentiel. Aujourd’hui, en tant que gestionnaire du patrimoine arboré au Département, je veille au suivi, à l’entretien et à la sécurité du patrimoine arboré sur l’espace public et les routes départementales.
Fabien :
Pour moi, le choix de ce métier s’est imposé comme une évidence et il s’est fait naturellement. Depuis l’enfance, j’ai un lien fort avec le végétal. Avant de rejoindre le Département, je m’occupais des espaces verts dans une autre collectivité, ce qui m’a donné le goût de la gestion de terrain. Aujourd’hui, en tant que gestionnaire du patrimoine arboré sur les routes départementales, je suis chargé de planifier des travaux, de renouveler les arbres d’alignement, ainsi que de les entretenir, et de maintenir la sécurité des usagers de l’espace public.
En tant qu’homme ou femme, rencontrez-vous des difficultés particulières dans votre métier ?
Sandra :
De mon côté, je n’ai pas rencontré de difficultés liées au fait d’être une femme dans ce domaine. Certains préjugés existaient il y a une dizaine d’années, mais les mentalités évoluent vite. Sur le terrain, ce sont vraiment les compétences qui comptent, pas le genre. Et on le voit, de plus en plus de femmes arrivent dans l’arboriculture. Dans notre service, nous sommes 19 agents dont 11 femmes, ce qui montre bien que la mixité progresse.
Fabien :
L’arboriculture et les métiers liés aux espaces verts étaient majoritairement occupés par des hommes du fait des conditions physiques nécessaires pour l’exécution des travaux. Mais les postes de technicien ou de gestionnaire reposent surtout sur l’expertise, l’analyse et la gestion de projet. Et ça attire aujourd’hui autant de femmes que d’hommes. Mes deux responsables hiérarchiques directes sont des femmes et pour moi, ce n’est absolument pas un sujet.
Selon vous, qu’apporte la mixité dans une équipe professionnelle ?
Sandra :
Dans notre métier, la mixité apporte une vraie richesse. Sur le terrain, chacun peut aborder une situation d’une manière différente, et cette diversité de regards contribue à la qualité du service rendu. Dans l’arboriculture, ça fait vraiment la différence, on gagne en équilibre, en créativité et en tolérance.
Fabien :
Pour moi, la mixité apporte surtout de la nuance et de la complémentarité, et ça renforce énormément la tolérance et l’ouverture d’esprit dans une équipe. Avoir des profils différents permet d’éviter les idées préconçues et d’aborder la gestion du patrimoine arboré avec plus de sérénité et de professionnalisme. C’est un vrai atout pour prendre de bonnes décisions.
Dans votre métier, que faudrait- il améliorer pour renforcer l’égalité femme/homme ?
Sandra :
Honnêtement, je ne vois pas de frein particulier aujourd’hui, parce que le Département a vraiment pris le sujet au sérieux. On le voit bien, l’arboriculture n’est plus considérée comme un univers réservé aux hommes. Ce qui compte maintenant, c’est de continuer à sensibiliser et à former les équipes pour éviter les stéréotypes.
Fabien :
Pour moi, le point important, c’est de mieux valoriser les compétences des femmes et continuer à travailler sur l’organisation et la sécurité du travail pour que tout le monde ait les mêmes conditions d’évolution. L’égalité, ça ne se décrète pas, ça se construit au quotidien.

