Tristan Liegeard et Stephanie Galipo sont gestionnaires carrière paie à la Direction des Ressources Humaines. Leur mission est d’assurer la gestion administrative de la carrière des agents et le traitement de leur rémunération. Regards croisés sur la manière dont ils vivent leur métier.
Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?
Tristan :
J’ai choisi ce métier parce qu’il s’inscrit naturellement dans mon parcours, tourné vers la transversalité et la relation humaine. J’aime les fonctions qui combinent rigueur administrative et contact avec les personnes. Ce métier n’a rien de routinier, même si le cycle de paie revient chaque mois. Chaque situation est différente, chaque dossier apporte son lot de questions et de défis. C’est cette diversité qui me plaît. On ne s’ennuie jamais, et on apprend constamment.
Stéphanie :
Pour moi, c’est l’aboutissement d’un chemin professionnel où l’accompagnement et la gestion RH se sont imposés comme une évidence. Au fil de mes précédentes expériences, j’ai réalisé que ce qui m’animait vraiment, c’était l’accompagnement des personnes et la gestion administrative. J’ai donc repris mes études pour me spécialiser et évoluer vers la gestion carrière-paie. Ce métier me permet d’accompagner les agents tout au long de leur parcours professionnel.
En tant qu’homme ou femme, rencontrez-vous des difficultés particulières dans votre métier ?
Tristan :
Au départ, j’ai ressenti quelques a priori liés au fait d’être un homme dans un métier très féminisé. Ce n’était pas une remise en cause de mes compétences, mais plutôt un regard automatique. J’ai parfois eu le sentiment de devoir davantage prouver ma légitimité. Avec le temps, j’ai constaté que ces perceptions disparaissent dès lors que l’on reconnaît l’expertise et la qualité du travail, indépendamment du genre.
Stéphanie :
Pour moi, ce métier peut être exercé aussi bien par une femme que par un homme. Les compétences s’acquièrent par la formation et l’expérience, pas par le genre. J’ai toutefois été confrontée, notamment durant mes études, à des discours laissant entendre que les femmes seraient plus naturellement faites pour les métiers administratifs. Dans la réalité du terrain, je constate que ces qualités sont avant tout professionnelles. Les principales difficultés viennent encore des stéréotypes, plus que du métier lui-même.
Selon vous, qu’apporte la mixité dans une équipe professionnelle ?
Tristan :
Pour moi, la mixité ne se limite pas à une question d’égalité. Elle permet de s’enrichir des expériences et des sensibilités de chacun. Loin d’être un frein, elle apporte une vraie dynamique au travail collectif et devient un moteur de performance lorsqu’elle est bien intégrée.
Stéphanie :
Pour moi, la mixité est avant tout une source de progrès collectif. Qu’elle concerne le genre, l’âge ou les parcours, elle permet de croiser les regards et d’aborder les projets différemment. Cette diversité renforce la capacité de l’équipe à anticiper et s'adapter.
Dans votre métier, que faudrait-il améliorer pour renforcer l’égalité femme/homme ?
Tristan :
De mon côté, il faudrait continuer à valoriser la technicité du métier, souvent sous-estimée parce qu’il est historiquement très féminisé. Reconnaître l’expertise, c’est reconnaître les personnes, quel que soit leur genre.
Stéphanie :
Je pense qu’il faudrait davantage de mixité. Et surtout continuer à faire bouger les mentalités, même sur les petits préjugés du quotidien, pour que chacun puisse évoluer sans être enfermé dans des attentes liées à son genre.

